Traduction
Par
Fabrice d'une
interview d'Issac Delgado en décembre 2000 à Miami par
Il y a
deux ans et demi j'ai eu la chance d’assister à un concert
d’Issac Delgado dans un lieu incroyablement beau… une petite
ville, construite sur la roche au bord de la mer, connue sous le nom
de Positano sur la Côte Amalfi en Italie. Là sur la plage,
avec la douceur de la brise marine et le reflet des lumières
sur l'eau, j'ai vu des Italiens danser la Rueda sur le sable devant
la scène. Il est impossible de ne pas danser quand vous entendez
Issac.
A Miami
l'ambiance n'était pas différente. Le club était
rempli jusqu’à sa capacité, chacun était
heureux et dansait. Finalement il semblait que la communauté
cubaine exilée s'était calmée parce qu'il n'y avait
pas de contestataires du tout . Les fans d'Issac sont venus... ceux
qui le connaissent depuis longtemps et ces jeunes Américains
d’origine cubaine qui essayent de se reconnecter à leurs
racines. Tous dansaient et s’amusaient, sans penser à la
politique (comme ça devrait l'être !)
Il a commencé
le concert par un medley, en débutant avec une version de la
chanson "Luz Viajera"... la même lumière qui
a guidé Issac dans sa longue carrière artistique. Avant
le début du concert, nous avons eu la chance de nous entretenir
avec lui.
Jacira:
Qu'est-ce que vous apporte Miami ?
Issac:
Je pense plutôt la question devrait être, qu'est-ce que
j’apporte aux Etats Unis ?
Le succès que la musique cubaine traditionnelle a eu ici nous
a donné l'occasion de présenter la musique cubaine contemporaine,
avec l'espoir qu'elle aura un bon retour. Jouer à Miami est un
défi. J'étais le premier à jouer ici en 98. On
ne sait jamais si vous allez avoir une surprise ou non.
Jacira:
Quels sont vos projets immédiats ?
Issac:
Finir le siècle en bonne santé et jouer de la musique
afro cubaine... et voir comment le public américain la recevra
parce que c’est un public très exigeant.
Jacira:
Et vos projets à long terme ?
Issac:
Nous avons un concert au Midem à Cannes, un tour Européen,
plusieurs Carnavals en Février, peut-être les Iles Canaries,
bien que cela n'ait pas été confirmé. Nous serons
de retour aux Etats Unis pour les Festivals de Jazz de San Francisco
et Los Angeles en Californie.
Jacira:
De toutes vos expériences, tant personnelle que musicale, laquelle
a été la "clave", qui a changé votre
chemin de vie ?
Issac:
Je ne peux pas vivre sans "Clave" ! Mais sérieusement,
ce seraient mes enfants (quatre) ... Ils sont les plus importants pour
moi.
Jacira:
Et votre influence la plus importante ?
Issac:
Le feeling de la musique cubaine... Je suis né dans ce mouvement...
Omara Portuondo et d'autres comme Cheo Feliciano, Beny Moré,
Oscar De Léon, Gilberto Santa Rosa, en plus de beaucoup d'amour
maternel. Nous sommes trois, deux frères et une soeur, mais j'étais
le favori de Maman !
Jacira:
Et votre vie privée ?
Issac:
Je suis vraiment dans une bonne période. J’adore mes deux
filles, et tous mes gosses, mais particulièrement mes deux filles
(âgées de 5 et 6 ans).
Jacira:
Pourquoi votre nouveau disque est-il appelé « La Fórmula
» aux Etats Unis et « Malecón » ailleurs ?
Issac:
C'est une décision prise par Ahí-Namà Music. Ils
ont pensé qu'il y aurait beaucoup de gens qui ne sauraient pas
ce qu'est le Malecón à la Havane et qu'ils n'auraient
aucun point de référence. L'impression etait que la «
Fórmula » serait plus universel.
Jacira:
...et le morceau de Samba en italien, "Quando" ... d'où
est-il venu ?
Issac:
C'est une chanson écrite par Pino Daniele, un grand chanteur
et auteur-compositeur italien. Nous allons beaucoup en Italie. C'est
notre deuxième plus grand marché pour les concerts.
Jacira:
La chanson, "Gracias a la Vida" interprétée
par Violeta Parra (ma compatriote)... comment vous est venu l’idée
de convertir cette chanson en salsa ?
Issac:
Pour moi, c'est l’une des plus grandes compositions de tous les
temps. L'arrangeur, Joaquín Betancourt est aussi vraiment très
bon. C'est une version avec un fond de Guaguancó.
Jacira:
Et la participation de Gonzalo Rubalcaba et Pablo Milanés ...
comment est-elle arrivée ?
Issac:
Par amitié, affinité et respect. Gonzalo a toujours été
présent dans mon travail et Pablo a toujours désiré
y participer.
(Note de
Jacira : j'ai parlé brièvement avec Gonzalo Rubalcaba
la dernière nuit qu'Issac a joué au Starfish, le 25 décembre,
quand Gonzalo est monté sur la scène et a jammé
avec le groupe. Il m'a dit qu'ils ont étudié ensemble
de l'école primaire au « Colegio Amadeo Roldán »
à la Havane en 1978 ... Ce sont de vieux amis !)
Jacira:
Est-ce que cela vous affecte d’être un musicien cubain en
comparaison à d'autres Salseros dans le monde musical ? Constatez-vous
que cela vous limite, ou vous sentez-vous privilégié ?
Issac:
Je me sens privilégié, bien que nous devons travailler
deux fois plus et en ce sens nous nous heurtons à des barrières
en raison du manque de promotion hors de l'île. Cela n'arrive
pas à Cuba, mais les promoteurs des autres pays ne nous promotionnent
pas autant que les autres artistes.
Jacira:
Pourquoi orthographiez-vous votre nom avec deux "'s" au lieu
de "as" ?
Issac:
(en riant) Il y a longtemps, un promoteur l'a écrit comme cela,
mais avec le premier "s" écrit normalement et le second
"s" écrit à l’envers pour former un coeur.
Il a dit que cela l’inspirait , et les gens ont commencé
à l'écrire avec deux "s". Je l'ai laissé
ainsi comme un pseudonyme artistique, mais je suis réellement
Isaac.
Et c’est cet Isaac si authentique qui est descendu sur terre pour
écrire des paroles si romantiques comme "Se hace el amor
en colores "(Vous faites l'amour en couleurs). Elles proviennent
de la chanson, "El Solar de la California" sur son album,
la Fórmula (appelé "Malecón" à
l'extérieur des Etats-Unis). El Solar de la California est une
lieu réel, situé dans la vieille Havane. La chanson dit,
"Se hace primos, se hace hermanos, que son buenos, y de segunda
mano también "(des cousins sont conçus, des frères
sont conçus, ils sont bien, et ceux d'un deuxième mariage
aussi).
Cette poésie
et ce double sens sont une combinaison qui ont gagné des millions
de fans dans le monde entier. Mais le secret de sa longue carrière
artistique est, je pense, le contact humain ; le sentiment que c'est
personnel pour chacun d'entre nous. Je voudrais le remercier pour avoir
joué une de mes chansons préférées depuis
beaucoup d'années.... "El 44-30-25 ..." et une autre
chanson qui fait se lever et danser tout le monde, "Deja que Roberto
te toque .... deja que Roberto te pase la mano...." Ce sont des
classiques, mais il continue à les réinventer.
Son album
La Fórmula a plus d'éléments jazz que jamais, avec
des odeurs et saveurs afrocubaines, et une voix unique qui glisse jusqu'à
votre oreille et vous séduit sans même que vous le réalisez...
et la chose suivante est que vous sentez vos pieds se déplacer
par leur propre volonté, vous portant dans cette cadence rythmique
de la "clave". Où est "Amor sin ética"
(Amour sans éthique)… Je veux m'abandonner dans vos "Caricias"
(Caresses) !''

Issac Delgado and Jacira
at Starfish
Read the
SalsaPower CD review of this album HERE!
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concert review HERE!
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03-Jan-2008